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Découvrez à travers ce blog près de vingt ans de lutte face à mon obésité dite "morbide" et mon diabète de type 2.

Régimes, échecs, déceptions, maladie, dépression, découragement, et... remontée de la pente grâce à la découverte de la chirurgie bariatrique.

Je vais m'appliquer à décrire ici mon parcours vers une sleeve gastrectomie, mon opération (2014) et ma perte de poids.

Vous y trouverez également désormais un petit bout de ma vie trois ans après, le récit de mes échecs des années 2017 et 2018, et enfin quelques nouvelles de ce que je suis devenue et de mes projets, aujourd'hui, à l'aube de l'année 2022.

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Publié par Mary

23 octobre 2013 (partie 2)

J'ai échoué deux fois supplémentaires mes tentatives de reprendre mes études, fait capoter de nombreuses tentatives de nouer des relations avec d'autres personnes...etc.

Il y a quelques mois de ça (moins d'un an, mais plus de six mois, je ne me souviens plus exactement), lors d'une crise de larmes plus importante que les autres, j'ai commencé à m'interroger. Je pleurais souvent, et je ne m'étais pas sentie heureuse depuis des mois. J'ai réalisé, comme ça, d'un coup, comme une évidence, que j'étais probablement ce qu'on appelait "en dépression".

Je me serais mis des claques de ne jamais y avoir pensé avant, parce que c'était vraiment, et très sincèrement, la toute toute première fois que ça m'effleurait l'esprit. Jamais de ma vie cette pensée n'était venue à moi. J'ai commencé à me documenter sur cette maladie et ces symptômes, et il m'est apparu que j'avais raison, et que ça n'était pas une petite déprime passagère mais une réelle dépression qui s'était installée ces 4 années.

La dépression est une maladie. Même si comme pour l'obésité, il y a deux écoles. Il y a de ceux qui y croient et qui compatissent à notre détresse, et il y a ceux qui pensent qu'on est juste paresseux, et qu'un bon coup de pied au cul suffirait à nous en sortir.

La façon dont je définis cette maladie aujourd'hui simplement en quelques mots serait : Quelque chose de plus fort que nous, qui nous empêche de faire ce qui est bon pour nous.

J'aimais les cours, la fac était un endroit où j'aimais être, j'aimais le contact avec les gens.
=> je séchais les cours et n'arrivais pas à y aller, à me lever simplement pour aller à la fac.

J'avais besoin de faire du sport, j'aimais la natation, et je me sentais bien à l'extérieur.
=> Je restais enfermée et sortais le moins possible, encore moins pour faire du sport.

J'aimais chanter, et pour la première fois j'avais trouvé un groupe de chanteurs dans lequel j'aurais pu m'intégrer et suivre tout un programme au cours de l'année.
=> Au bout de deux séances d'essai, j'ai simplement abandonné.

Et par dessus tout : je voulais cette Sleeve, je savais que c'était la seule solution pour m'en sortir, et surtout pour remettre ma santé d'aplomb et régler ce problème de diabète.
=> J'ai mis trois ans avant d'accepter à nouveau de voir un médecin.

Et ce qui m'a le plus choqué : ne plus être capable de pleurer en silence comme je l'avais fait toute ma vie. J'ai toujours beaucoup pleuré, par chagrin ou par colère, par frustration, par déception, parce que c'était un moyen pour moi d'extérioriser mes émotions. Là, c'était différent. Les sanglots étaient bruyants, mes oreillers étouffaient mes cris, j'avais envie de frapper, de griffer, et à chaque fois l'impression que jamais ça n'allait s'arrêter, que jamais je ne pourrais supporter plus longtemps (moralement comme physiquement) une telle douleur.

Je me suis embourbée dans un marécage horrible de culpabilité, de dénigrement de soi. Je me sentais nulle, je sentais que je passais à côté de ma vie et que c'était de ma faute, que j'étais simplement paresseuse, et qu'il ne suffirait que de me bouger un peu pour régler le problème. Je n'avais aucune perspective d'avenir et étais persuadée que jamais plus je ne réussirai quoi que ce soit de ma vie.

Avoir compris pour la dépression ne m'a pas aidée du tout. Je pensais que mettre des mots sur ce mal être m'aiderait à l'accepter et à le comprendre, que ça me soulagerait de réaliser que j'étais malade et que c'était pas seulement ma faute. Et pourtant c'est le contraire qui s'est produit. Et toujours ce climat de semi-mensonge et semi-vérité auprès de ma famille de qui je me suis volontairement isolée, pour ne pas les laisser voir à quel point j'allais mal.

En parallèle, c'est ma famille proche qui m'a maintenue en vie. Jamais je n'aurais pu avoir de geste malheureux, me blesser ou pire mettre fin à mes jours, parce que je ne voulais pas leur faire ça. Je sais ce que la perte d'un enfant, d'une sœur, peut faire à une famille, et jamais je n'aurais envisagé de les blesser de cette manière. Mais j'y pensais, tous les jours, et j'étais terrorisée, à l'idée que peut-être un jour, si je me retrouvais dans un état modifié (à cause de l'alcool par exemple, ou de médicaments), je puisse parvenir à cette fin.

Vous allez trouver ça bête, et ça l'est, totalement, mais le 21 décembre 2012, vous savez, la fin du monde prévue par les Mayas, je me suis prise à espérer follement qu'ils aient raison, et qu'enfin tout avait une chance de se terminer. J'en aurais pleuré de me réveiller le lendemain matin.


 

* * *



Je crois que je suis en train de m'en sortir. (Octobre 2013 toujours)

Je suis désolée si le récit de ma vie vous a choqué ou attristé, ça n'était pas mon but, et c'est la toute première fois que j'en parle en ces termes. Ça m'a aidée à y voir plus clair et ça m'a fait du bien de me confier à vous. 

Je vais à présent vous expliquer où j'en suis aujourd'hui (ce qui était mon but lorsque j'ai commencé ce post...), et ma lente et hasardeuse remontée vers la surface.

Ce qu'il faut savoir pour comprendre tout ça, c'est que cette année, j'étais en couple avec un garçon compliqué, et que notre relation a été particulièrement destructrice pour tous les deux. La dépression aidant, je ne me suis pas ouverte comme il l'aurait fallu, et nous sommes allés droit dans un mur. Il n'allait pas bien non plus, et nous nous sommes mutuellement entraînés vers le bas.

A la fin de l'année scolaire, j'ai décidé que si je n'arrêtais pas de souffrir à ce point à cause de lui et si on n'arrivait plus à aller mieux, il faudrait que j'agisse. Je me suis laissée l'été pour digérer, pour prendre du recul, et pour profiter de mes vacances, avec l'envie de m'occuper de mes "problèmes personnels" dès la rentrée, avant de reprendre les cours en janvier.

Aux alentours de la mi-septembre, je me suis désintéressée des jeux vidéos qui prenaient tout mon temps. Je ne sais pas si ça a une quelconque importance, mais c'est un fait.

Fin septembre, suite aux conseils d'un ami, j'ai profité d'un répit dans mes insomnies pour commencer une cure de magnésium et vitamine B6, qui sont préconisés en cas de fatigues constante, angoisse et troubles du sommeil. Et ça a marché au delà de mes attentes, j'ai pu me reposer un peu et ça m'a fait beaucoup de bien.
(Il faut savoir que d'une part, j'ai toujours été une très grosse dormeuse, même bébé ! Et d'autre part mon sommeil est vraiment mauvais et peu réparateur, donc j'ai besoin d'énormément d'heures de sommeil pour être à peu près en forme...)

28 septembre : Je l'ai quitté. Je lui ai écrit, je lui ai expliqué que je souffrais trop et qu'il fallait absolument que ça s'arrête, parce que concrètement il était en train de me tuer. Qu'il fallait qu'il me laisse partir et que je pouvais plus être avec lui tant que j'allais pas mieux. Ça a été très dur, j'ai trié, rangé et caché tout ce qui dans ma vie pouvait me faire penser à lui. Seuls les souvenirs sont restés, et j'essaye de vivre avec. Le jour même, ça s'est bien passé, j'ai fait preuve d'un recul, d'un sang froid et d'un calme étonnants. J'ai craqué le lendemain, pleuré toutes les larmes de mon corps, et passé la journée au lit pour marquer le coup.

Pas de nouvelles de sa part pendant une semaine, je prends ça comme une acceptation de mes conditions et un au revoir, et j'essaye de m'en relever. Quelque part, je suis soulagée d'avoir réussi à prendre une décision.

Au cours de cette semaine, il s'est passé de drôles de choses dans ma tête et dans mon corps. Tout d'abord, un énorme vide émotionnel. Parce que même s'il me faisait souffrir, souffrir c'est ressentir quelque chose. A côté de ça, dans ma tête, s'est libéré un énorme espace à combler, et je me surprends à penser à plein de choses diverses et variées, à me poser des questions sur mon environnement proche, sur l'avenir, sur la situation actuelle... plein plein de choses. Je réalise à quel point il prenait de la place dans ma tête, et à quel point ça sera positif de ne plus avoir sans cesse à m'inquiéter pour lui, de ce qu'il pense, de ce qu'il fait, de ce qu'il veut, de comment ça va se passer quand on se verra.

Je recommence à sortir un peu, et je me surprend à réfléchir en marchant. Je me sens bizarre. Je redécouvre des petits plaisirs simples. J'écoute de la musique et je réalise que certaines chansons me touchent, que d'autres me mettent de bonne humeur et me donnent envie de bouger. Je me fais des réflexions toutes bêtes (par exemple : j'ai de nouveaux jean's alors que j'en avais pas racheté depuis des années, et je me dis que quand même, c'est teeeellement pratique d'avoir un pantalon avec des poches !). J'apprécie d'être dehors, le vent, le soleil.

J'ai l'impression que le voile qui m'anesthésiait totalement s'est relevé, des émotions recommencent à filtrer en dehors des crises. C'est très étrange. Ça fait un peu peur aussi.

Je me rends compte que c'est aussi difficile de dire que "ça va mieux" que de dire que ça va pas. Je me sens vraiment bizarre, toujours à fleur de peau, mais d'une bonne manière. Je crois que c'est le retour de quelque chose que j'avais totalement oublié : une petite, toute petite goutte d'espoir.

Je reste très prudente, j'ai peur que tout ça ne soit qu'une nouvelle illusion. Une illusion très fragile.

7 octobre : Il m'a écrit en retour. Une belle lettre, où il m'explique ce qu'il ressent, et à quel point il sait qu'il m'a fait souffrir. Il me précise qu'il est persuadé qu'il nous reste des choses à accomplir ensemble, et qu'il veut continuer sa route à mes côtés. S'en suit une longue discussion qui m'a tenue toute la nuit et m'a empêchée de dormir avant une heure avancée de la matinée.

La semaine a été très dure, il a essayé par tous les moyens de me récupérer, tous les arguments étaient bons, il m'a dit de belles choses, et il a même fait des promesses, chose qu'il s'était toujours refusé à faire. Ça m'a brisé le cœur de devoir lui dire non malgré ça, parce que ça faisait des mois que j'attendais cette réaction.

19 octobre : J'ai cédé. Là où j'ai réussi à tenir bon malgré ses tentatives répétées de me laisser voir que ça pouvait marcher, où j'ai passé la semaine à le quitter, heure par heure, en vue de couper les ponts totalement pour arrêter de souffrir... Il a fait la seule chose qui - paradoxalement - a pu briser ma résistance et ma volonté : il m'a dit adieu. Et j'ai plus pu, j'ai baissé les armes, je l'ai laissé entrer à nouveau dans ma vie. Même si nous ne serons plus "ensemble" en tant que couple, il veut qu'on continue à être là l'un pour l'autre et à se soutenir.

Je pense que c'était une erreur. Sur le moment, j'en ai énormément souffert, j'ai culpabilisé et regretté, je me suis trouvée nulle, faible, totalement décrédibilisée. Je me suis préparée mentalement à replonger avant même d'avoir fini d'inspirer une goulée d'air frais une fois la tête sortie de l'eau. Et puis non, ça n'est jamais arrivé ... j'ai dû faire face à la douleur qui bizarrement s'est mélangée avec ce soupçon d'espoir.

Après cette semaine totalement chaotique en terme de veille/sommeil, j'ai refusé de le laisser gâcher ce que j'étais parvenue à faire. J'ai refusé de recommencer à me coucher après 6h du mat, et je me suis fatiguée pour réussir à reprendre un rythme normal. Quand je me couchais tôt, je me réveillais au beau milieu de la nuit mais c'était pas grave, je craquais pas et j'enchaînais ma journée là dessus au lieu de dormir toute la journée ou tout l'après-midi.



 

* * * * *


Lundi 21 octobre : Je me suis rendue de bon matin dans un organisme d'aide psychologique aux étudiants où travaillent des assistantes sociales et psychothérapeutes (psychologues et psychiatres). J'ai été très bien accueillie et j'ai passé une petite heure à parler avec une assistante sociale. Ça s'est très bien passé, j'ai été étonnée de la facilité avec laquelle j'arrivais à parler de mes problèmes (j'ai bloqué seulement quand elle m'a demandé d'évoquer les symptômes de ce que je pensais être une dépression). Elle m'a dit que c'était très bien d'avoir réagi et qu'il fallait battre le fer pendant qu'il était chaud. J'ai eu un RDV avec une psychiatre du centre pour le lendemain matin.

En sortant, je n'avais pas envie de rentrer. Je suis allée au cinéma sur un coup de tête, comme je le faisais souvent avant. Toute seule, mais avec plaisir, avec une bouteille d'eau et un pot de pop-corn. J'ai beaucoup apprécié le film. Et c'était encore une chose dont je m'étais longtemps privée sans raison.

Mardi 22 octobre : Rendez-vous avec la Psy. Je suis plutôt confiante parce que le rendez-vous de la veille avec l'AS s'était bien passé. La séance a duré environ 35min, et la Psy m'a demandé de parler de moi. Ça n'a pas été facile au début. Nous avons parlé de choses et d'autres concernant ma vie, mon enfance, ma vie actuelle, la façon dont je souffrais. J'ai trouvé la séance plutôt expéditive et "brouillon", on a parlé de beaucoup de choses et pas beaucoup approfondi. Et surtout, elle m'a dit que les fois d'après elle ne me poserait pas de questions, que c'était à moi d'amener les sujets dont j'ai envie de parler, de moi-même, et ça c'est quelque chose que j'ai toujours eu du mal à faire. J'ai rendez-vous dans 15 jours pour la deuxième séance.

En sortant je me suis dit que je lui donnais sa chance, mais je n'ai pas été persuadée qu'elle pourrait m'aider. Je ne lui ai pas parlé de la Sleeve, j'aurais pu, j'aurais peut-être dû, mais ça n'est pas venu comme ça naturellement (alors qu'avec l'AS oui). Je ne sais pas si j'aurai facilement confiance en elle.

En sortant, j'étais un peu perplexe mais pleine d'énergie, ce qui m'a un peu (excusez moi du terme) laissée sur le cul. Quelque chose à quoi je n'étais vraiment plus habituée. Et toujours cette sensation bizarre, cette touche d'espoir qui avait un peu regonflé mon cœur.

J'avais fait des recherches en début de semaine pour trouver une piscine potable proche de chez moi (et apparemment, pas facile sur Lille, toutes les piscines ont des critiques dégueulasses en matière d'état des locaux et propreté), j'ai décidé d'aller dans une piscine de Roubaix qui a de très bonnes critiques et un site sérieux (centre nautique Thalassa). 3€30 l'entrée. Je n'ai pas été déçue, les locaux sont géniaux, le bassin et les activités proposés (notamment aquadouce, aquagym et sauna/hammam, en plus d'une salle de sport avec possibilité de s'abonner) m'ont convaincus, je pense que je resterai là-bas même si c'est un peu plus loin de chez moi.

Bref ! J'ai nagé. Je suis arrivée au bassin à 10h35, et j'en suis sortie à 13h. J'ai fait 40 longueurs (25m) (après 3 ans sans être allée à la piscine ni sans avoir pratiqué le moindre sport). Les premières ont été dures et j'ai dû faire une pause entre chaque, puis vers le milieu j'ai fait 2 par 2, et les dernières 5 par 5. J'avais de la musique (en bonne geek, j'ai un lecteur MP3 waterproof !), je m’essoufflais et tirais sur mes muscles, et ça m'a fait un bien fou. J'adore être dans l'eau, et ça aussi je m'en étais privée. J'ai gardé une demi-heure sur la fin de ma séance pour me détendre, faire la planche un peu, me prélasser près du bord de la piscine, faire bouger mes articulations (tellement plus facile dans l'eau que sur terre...). Ça a été très positif.

A ce moment mon rythme de sommeil/veille est toujours un peu instable mais s'améliore de jour en jour et s'ajuste progressivement. J'ai recommencé à lire (j'adorais ça, mais ne le faisais plus...), pas seulement pour me remplir la tête jusqu'à m'épuiser pour pouvoir dormir, mais par plaisir et récréation. Ça fait partie des plaisirs précieux que j'ai retrouvés.

Je rentre chez moi épuisée par ces deux journées, j'ai énormément marché. Je n'ai pas autant de courbatures que je l'aurais pensé pour une reprise comme ça, par contre j'ai une cheville totalement en vrac. Je prends quelques jours pour me reposer.

Jeudi 24/10 : J'ai dégoté l'adresse d'un généraliste dans mon quartier. Je rappelle que je n'en ai pas vu en plus de trois ans. Je prends mon courage à deux mains et me rends sans rendez-vous au cabinet. J'ai attendu près de 2h, il y avait énormément de monde avant moi (pourtant je suis arrivée 5min après l'ouverture). Je garde un avis mitigé sur ce médecin. Il a été vraiment très expéditif. J'admets qu'il devait être fatigué on était en fin de journée et il avait du en voir défiler du blabla, mais il m'a peu laissée parler et m'a plusieurs fois coupé la parole pour changer de sujet. Il m'a cependant donné les informations que je désirais (le nom de la clinique notamment et une lettre de recommandation pour ça), il m'a pesée et mesurée. Mais je l'ai trouvé très désinteressé, je lui ai fait part de mon désir de chirurgie bariatrique et il m'a dit ok sans plus me poser de questions. Il m'a également prescrit une prise de sang à faire pour mon diabète.
Je pense que ce médecin me conviendrait pour les petits bobos et crèves de la vie quotidienne, mais pour un suivi comme ça, je n'en suis pas sûre. J'ai besoin d'un interlocuteur de confiance qui m'écoutera et s'intéressera de près à mon cas. Je pense que je vais aller faire cette prise de sang, et prendrai rendez-vous avec un autre généraliste, si je finis par en trouver un.

En rentrant, j'ai recommencé à me documenter sur la Sleeve et la clinique qu'il m'avait conseillée ainsi que les autres établissements de la ville qui opèrent. Je me suis réinscrite sur Doctissimo, et ici, et j'ai lu. Depuis ce soir là, je ne fais que ça, lire vos témoignages, regarder vos photos, et rêver, fantasmer sur le jour où moi aussi, peut-être ... je crois que j'avais oublié à quel point j'avais été motivée pendant la période où j'ai découvert l'existence de la chirurgie bariatrique, et à quel point j'avais rêvé de cette opération...

Samedi 26/10 : Je suis retournée à la piscine, sur un coup de tête au saut du lit. J'ai nagé 1h30 en forçant un peu plus que la dernière fois, 45 longueurs en 1h30 (contre 40 en 2h la fois d'avant). J'ai aimé ça, et j'y retournerai dès que la piscine sera ré-ouverte (foutue période de vacances scolaires). Demain probablement.

Je voulais me faire plaisir à midi et aller au restaurant manger des Sushi. Le restaurant était malheureusement fermé... alors je suis passée faire quelques courses, et en rentrant, j'ai cuisiné ! Ça aussi, ça faisait longtemps. Le plat n'était pas excellent, mais il était bon et équilibré.

Samedi soir : Avec le changement d'heure, je réalise que ça fait pile poil un an depuis les premiers contacts physiques que j'ai eu avec lui, après déjà un an à se tourner autour. J'en appelle déjà à mon armure pour me protéger de ces souvenirs et étouffer la douleur. Mais rien n'est venu. Ni la protection, ni la douleur. J'ai été triste "normalement", comme une personne normale qui repense à une relation trop tôt avortée. J'ai eu une petite baisse de moral, été un peu nostalgique et mélancolique, et puis c'est passé.

Même si je ne le comprends pas très bien, je crois que même si mon équilibre est encore très très fragile (et j'en suis consciente), ma "dépression" est derrière moi.

Aujourd'hui, lundi 28/10/13 : J'ai appelé ce matin la clinique de la Louvière pour prendre un premier rendez-vous auprès de l'équipe pluridisciplinaire dire "médico-psycho-diététique", à qui je pourrai parler de mon désir d'opération, et avec qui je ferai ce jour là un bilan de santé plus ou moins complet. La secrétaire m'a expliqué en quelques mots ce premier contact : je rencontrerai un nutritionniste, un psychologue, un endocrinologue et un pneumologue. Les premiers examens me seront fait pendant cette même journée (elle m'a parlé d'une suite de rendez-vous qui allaient durer entre 2 et 3h). Là encore ça a été rapide, et je n'ai pas parlé de l'opération avec la secrétaire. Je pense que c'est pendant cet examen préliminaire que je saurai si je peux oui ou non rencontrer le chirurgien pour une première fois.

J'ai rendez-vous le 12 décembre 2013 à 13h30. Je me dis que c'est déjà long pour un premier contact, mais après avoir attendu 3 ans pour me décider, je peux bien attendre un mois et demi de plus ... je pense qu'en attendant je vais continuer à travailler sur mon rythme de vie, veille/sommeil, sport, alimentation, et continuer à m'informer sur la chirurgie, sur le suivi pré-op' et post-op' et si j'en ai la possibilité, commencer à améliorer ma santé en parlant avec un généraliste, en faisant mes prises de sang, et en continuant à voir la psy pour voir si elle m'aide.

En tout cas, quelque chose s'est débloqué en moi, le voile s'est levé et j'ai eu le "déclic" même si je ne sais pas pourquoi. Je veux que ma nouvelle vie commence.

Merci à tous ceux qui auront eu le courage de me lire jusque là, et désolée, je crois que je me suis lâchée et que je vous ai pondu un énorme concentré de ma vie. 

A bientôt !

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