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Découvrez à travers ce blog près de vingt ans de lutte face à mon obésité dite "morbide" et mon diabète de type 2.

Régimes, échecs, déceptions, maladie, dépression, découragement, et... remontée de la pente grâce à la découverte de la chirurgie bariatrique.

Je vais m'appliquer à décrire ici mon parcours vers une sleeve gastrectomie, mon opération (2014) et ma perte de poids.

Vous y trouverez également désormais un petit bout de ma vie trois ans après, le récit de mes échecs des années 2017 et 2018, et enfin quelques nouvelles de ce que je suis devenue et de mes projets, aujourd'hui, à l'aube de l'année 2022.

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Publié par Mary

Voilà la consigne de cet exercice distribué par la psychologue du centre contre l'obésité : Ecrivez une lettre à votre corps, ce que vous ressentez pour lui, ce que vous pensez de lui, vos espoirs et vos attentes vis-à-vis de lui, et enfin ce que vous comptez faire de lui (exercice de Michel Probst).

Je vais poster ma lettre à mon corps dans ce billet, mais s'il vous plait, ne trichez pas ! Si vous comptez faire l'exercice par vous même, au cours de votre préparation psychologique à une perte de poids, ne lisez pas ma lettre avant de le faire, elle risquerait de vous influencer et l'exercice serait bien moins profond.
 



            A mon vieil ami, mon corps,

 

 

            Je pense qu’il serait bon avant de commencer cette lettre de la partager en deux parties. En effet, tu représentes deux côtés d’une même personne, moi. Il y a d’abord l’aspect physique, sanitaire, vient ensuite un aspect esthétique, visuel, sensuel.

 

A présent, concernant l’aspect physique/santé que tu représentes, si je devais définir les sentiments que j’éprouve à ton égard en ce moment, hmm... je dirais que c’est un mélange de peur, de frustration et de fatigue, mêlées d’un soupçon de culpabilité.

 

Peur, car de plus en plus, je vois ma santé se dégrader. Je sais que tu souffres, je le sens. Ce diabète qui ne s’équilibre pas et dont résulte une hyperglycémie constante, ces lourdeurs et fourmillements, ta vue qui se trouble, et cette fatigue qui ne te quitte plus. Tes articulations souffrent, tu te sens lourd, tu as du mal à te mouvoir, à te soulever. Les apnées du sommeil t’épuisent, et c’est un combat de tous les jours pour moi, de garder le moral alors que tu souffres tant et qu’une part de mon esprit ne peut s’empêcher de se dire que c’est de ma faute. Que j’aurais dû d’avantage prendre soin de toi avant d’en arriver là.

Alors oui, en ce moment, j’ai peur. J’ai peur pour toi, j’ai peur de te perdre. La nuit tout particulièrement, lorsque je suis seule, et vulnérable car ensommeillée, j’ai peur. De ne pas pouvoir me réveiller suffisamment et de ne pas savoir réagir à une petite hypoglycémie nocturne, ou à quelque chose de plus grave. J’ai peur pour ton cœur, pour ton cerveau. L’effet des apnées, du sucre, de la graisse. De l’obésité, que nous nous infligeons l’un à l’autre. Tu souffres, et mon âme souffre avec toi, car j’aimerais que nous soyons heureux et en bonne santé tous les deux.

 

Frustration, car nous en sommes arrivés à un stade où tu m’empêches de vivre pleinement ma vie de jeune femme. Il y a tant de choses que j’aimerais faire, de la plus vitale à la plus insignifiante.

J’aimerais faire du sport. Tu le sais aussi bien que moi, comment nous nous sentons tous les deux, par exemple après avoir grimpé les 4 étages pour rentrer à la maison. C’est dur, tu souffles, tes genoux et tes hanches te font souffrir, tes mollets te brûlent, mais au fond… tu sais à quel point ça nous fait du bien. Le rythme cardiaque qui accélère, le souffle qui s’adapte… c’est quelque chose que j’aimerais faire, volontairement, et sur la durée, sans risque de t’abîmer d’avantage. J’aimerais pouvoir faire de longues balades, de la randonnée, voire même passer de longues journées dans les parcs d’attraction sans que tes pieds, genoux et chevilles hurlent de douleur.

J’aimerais dormir. Comment crois-tu que je me sens lorsque en pleine nuit, je ne peux plus me rendormir car pour simplement me retourner dans le lit, j’ai dû déplacer tes 130kg ? Quand je m’étouffe et ne trouve plus mon souffle, et quand, même sortir du lit est devenu un effort, une épreuve ? Et que dis-tu de la machine censée régler tes problèmes d’apnées ?

Et même si je n’en ai pas honte, même si j’essaye de me débrouiller pour l’être et pour faire de mon mieux, parfois, j’aimerais également être à la hauteur dans les bras d’un(e) partenaire, laisser libre cours à mes désirs sans être bridée par cette graisse qui nous gêne, nous empêche de nous mouvoir avec grâce et agilité. Par le manque de muscles et d’endurance.

J’aimerais savoir prendre soin de toi. Effectivement, depuis l’enfance je n’y ai pas été habituée, et je ne sais pas comment faire. Mais il n’y a pas que ça. Je me sens tellement « hors normes » quand ta corpulence même m’empêche de « t’entretenir » correctement…

 

Il y a de ça oui, j’aimerais parfois me fondre dans la masse. Etre « comme tout le monde », pouvoir faire les activités que je désire sans devoir me demander sans cesse si tu seras assez solide, fort, endurant pour me suivre. J’aimerais être en forme et ne plus voir ma vie tourner uniquement autour de ton poids et de tout ce qu’il m’empêche de rêver. Et pour tout ça, je m’excuse. Pour t’avoir infligé ces mauvais traitements et ne pas avoir su réagir avant qu’on n’en arrive là.

 

            Cela étant dit, j’aimerais poursuivre cette lettre en te disant que, quoi que puisse en penser le reste du monde, je ne te déteste pas. Et oui, c’est ainsi que je te qualifie : un vieil ami que j’ai toujours connu, avec ses forces, ses faiblesses, et ses changements au fil des années. Il existe de vieilles rancœurs, de l’inquiétude et de la peine. Ça oui. Mais pas de haine, ni de dégoût face à ton apparence, à la place que tu prends. D’aucuns qualifient ça de « déni », et pensent que je mens pour garder la face… et pourtant je me sens tellement sûre de ce que je m’apprête à avancer…

 

Bien entendu, esthétiquement, tu es loin d’être parfait, mais... qu’est-ce que la perfection ? Pour moi, ça n’est qu’une donnée subjective, en aucun cas quantifiable. Jamais je n’ai voulu ressembler à ces mannequins qui nous envahissent dans les médias, et je n’ai pas non plus envie de ressembler à ces femmes qui me plaisent, parce qu’au fond, il en faut pour tous les goûts, et qui sait si je leur plairais en retour ?

           

            Je pense que le problème que les obèses rencontrent par rapport à l’image qu’elles ont d’elles-mêmes (je ne parle qu’au féminin car je ne me permettrai pas de parler de ce que je ne connais pas, le surpoids masculin), vient d’avantage d’un réel problème de société que d’un vrai souci de goût. Et je pense qu’une fois qu’on l’a compris, tout se délie, et on peut enfin se permettre de rêver et d’être aimée.

            Combien y-a-t’il d’hommes qui admettent « aimer les rondes » lorsqu’on leur pose la question ? Bien sûr, il y a « ronde » et « ronde », mais pour certains, le format XXL qui passe aisément la barre des 100kg leur plait ! Evidemment, ce n’est pas le cas de tous les hommes. Eh bien, on ne peut pas plaire à tout le monde. Et moi-même, je n’aimerais pas particulièrement que les amateurs de pimbêches soient attirés par mon corps. Depuis toujours, la féminité est définie par des formes généreuses. Pourquoi d’un coup faudrait il que les femmes filiformes soient plus attirantes ?

            Toi et moi savons bien ça, et j’ai ce petit coin de fierté qui me rappelle sans cesse que je n’ai jamais eu de soucis à trouver de petit(e) ami(e), d’aventures, d’amis. Cela ne m’empêche pas d’aspirer à autre chose parfois. Je me dis de temps en temps qu’il serait valorisant, et plaisant, que tu plaises à quelqu’un parce que tu es le corps d’une femme, pas seulement parce que tu es le corps d’une ronde. Faire partie d’une catégorie plus grande de femmes, et encore une fois me fondre dans la masse.

 

            Là où le bas blesse par contre, c’est qu’il faut s’aimer pour plaire, j’en suis persuadée. Je pense que ce qu’ils cherchent avant tout, c’est la confiance en soi, l’assurance, l’estime de soi. Et je pense que pour ça, il faut savoir prendre soin de soi, et avoir les moyens de le faire. Tu ne te rends pas compte à quel point il est difficile de t’habiller. Avec mes maigres revenus d’étudiante, je n’ai pas les moyens de mettre une fortune dans les vêtements « grande taille » qui valent le détour. Nous savons bien, toi et moi, que la mode n’a pas vraiment suivi en la matière, même s’il y a du mieux ces dernières années. Les vêtements de « grosses » se ressemblent tous, peu de fantaisie, peu de couleurs. Jamais soldés, vendus dans les mêmes enseignes que nous connaissons toutes. Et ça oui, ça me fait souffrir. J’aimerais tellement pouvoir t’offrir ce que les autres femmes (celles qui ont une silhouette plus « normale ») peuvent offrir à leur corps qu’elles chérissent, gâtent, embellissent sans cesse.

 

            Avant de conclure cette lettre, je voudrais te remercier, toi et nul autre, mon corps, pour la vision du monde que tu m’as apportée. Si tu es pour moi une carapace, un cocon douillet, une armure, tu es également le parfait équilibre entre mes forces et mes faiblesses. Tu m’as appris à respecter les différences des autres, à ne pas être cruelle, à ne pas me moquer, et à observer les gens au-delà des apparences. Et par-dessus tout, j’espère qu’avec le changement, après ta perte de poids, je ne perdrai pas cette capacité et ce regard que je suis fière d’avoir sur les autres.

 

            Parce que oui, je suis consciente que le changement sera énorme, que ton évolution pourra me paniquer, et qu’il y a des risques que je ne te reconnaisse pas. Mais je peux te promettre que dès maintenant, j’essaye de t’écouter et t’observer d’avantage que je ne l’ai fait depuis toujours. Comme je l’ai beaucoup lu et entendu dire, cette opération est une « mutilation » que nulle personne ne devrait avoir à infliger à son corps. Mais tout bien pesé, ne penses-tu pas que c’est un mal nécessaire pour une renaissance, pour se sentir mieux, pour pallier aux problèmes que ce poids nous inflige ? Pour enfin être en harmonie l’un avec l’autre, être heureux et en bonne santé ?

            C’est pour toi que j’ai repris contact avec le corps médical dont je m’étais coupée depuis tant d’années. L’endocrinologue, le généraliste, le nutritionniste, la psychologue, la diététicienne, le dentiste, le gynécologue… tous ces spécialistes que j’ai rencontrés au cours des derniers mois. Je veux mettre toutes les chances de notre côté, de ton côté. Je veux avoir ce contrôle sur ma vie, sur tous les aspects qui te composent.

 

            Voilà venu le temps des promesses qui vont terminer cette lettre. Permets-moi de t’en faire une liste non exhaustive contenant tout ce qui me vient à l’esprit quand je prends le temps d’y réfléchir. Je te promets de :

 

  • T’écouter et essayer au mieux de répondre à tes besoins,
  • Prendre soin de toi, te soigner lorsque tu en as besoin,
  • Avoir une hygiène de vie la plus saine possible, pour me sentir bien dans mon corps et dans ma tête. Faire du sport, avoir une alimentation qui allie le plus parfaitement possible équilibre, santé et plaisir,
  • T’offrir de jolies tenues, de belles chaussures, une petite touche de maquillage,
  • Continuer à te respecter autant que je le fais maintenant…

 

… et tant d’autres choses qui ne me viennent pas à l’esprit tout de suite mais qu’il m’arrive de penser le soir.

 

J’espère qu’en retour, tu sauras m’apporter le bonheur que chaque personne mérite. Que :

 

  • Ton sommeil sera réparateur à nouveau, que je sois plus en forme et moins déprimée par cette fatigue constante qui me harcèle,
  • Tu seras physiquement plus en forme, endurant, tonique, dynamique,
  • Tu te montreras tolérant, malléable. Que tu sauras t’adapter à notre nouvelle vie, ton alimentation, tes nouvelles activités, et que mon esprit te reconnaîtra pour l’allié que tu as toujours été
  • En somme… que tu seras confortable.

Je me permets pour toute conclusion de joindre en annexe une liste de tout ce que notre poids provoque de négatif dans notre quotidien, liste que j’avais écrite il y a quelques mois lorsque je tentais de peser le pour et le contre avant de prendre ma décision de me lancer dans ce long parcours vers la chirurgie. (voir billet du 13/03/2014)

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